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mardi 31 janvier 2012

Piratage : le gouvernement US dresse sa liste des sites à problèmes

Le représentant américain au commerce, plus connu sous le sigle USTR (United States Trade Representative), a dressé il y a peu une liste de sites et services web responsables de contrefaçon et de « piratage » des produits américains, tous types confondus. Et la liste, qui vise surtout les sites étrangers, n’est guère surprenante. De quoi compléter la liste de la RIAA présentée le mois dernier.

MegaUpload, site frère de MegaVideo, est cité par l'USTR.

Que retrouve-t-on précisément du côté des sites et services pointés du doigt pour leur importance dans le partage illégal de fichiers ? Les clones du site russe Allofmp3 : spécialisé dans la vente à très bas prix de MP3, sans reverser quoi que ce soit aux ayants droit, Allofmp3 a d’abord été inquiété en 2005 par les autorités russes. Le site a ensuite été attaqué par d’autres pays (USA, UK, etc.) en 2006 et 2007, pour finalement fermer mi-2007, pour rouvrir peu après, pour fermer de nouveau et définitivement en 2008. Mais de nombreux clones ont été créés par la suite, certains ressemblant à des sites totalement légaux.

Deux sites chinois : Sogou MP3 et Gougou. Spécialisés dans le téléchargement et le streaming de MP3 pour le premier (accessible partout) et dans le téléchargement et lien torrent pour le second, qui limite pour sa part son usage aux internautes domiciliés en Chine.

Cinq sites/services de P2P : The Pirate Bay, IsoHunt, Btjunkie, Kat.ph (kickasstorrents) et Torrentz.eu (torrentz.com). L’USTR insiste lourdement sur le succès de ces sites, se basant sur leur classement dans Alexa. The Pirate Bay étant dans le top 100 monde (et USA), IsoHunt le top 300 monde et top 600 USA, Btkunkie dans le top 500 monde et USA, Torrentz.eu dans le top 150 monde et Kat.ph le top 320. Et systématiquement, l’USTR précise où sont basés ces sites (Suède, Canada, Pays-Bas, Ukraine, Suisse, etc.). Trois trackers : Rutracker, Demonoid et Zamunda. Ces trois sites de l’est (Russie, Ukraine et Bulgarie) sont là encore pointés du doigt par le Représentant du fait de leur succès très important. Les deux premiers figurent en effet dans le top 300 Monde ou USA, et le dernier est l’un des sites les plus visités de Bulgarie. vKontakte : le Facebook russe est peu apprécié de l’USTR. Il faut dire que le réseau social connaît un immense succès en Russie et qu’il est à l’origine du visionnage massif de vidéos sous copyright.

MegaUpload : sans surprise, le site de téléchargement direct, l’un des plus visités au monde, fait parti de la liste.

Putlocker : site britannique proposant streaming et téléchargement direct de vidéo et connaissant un certain succès outre-Manche.

Warez-bb : forum où s’échangent de nombreux liens, comme il en existe tant sur la toile. L’USTR remarque qu’on peut y trouver des albums musicaux avant leurs sorties officielles et que les efforts réalisés pour supprimer les liens de ce forum ont été annihilés par un remplacement rapide des liens incriminés.

TV Ants : le fameux logiciel chinois permettant de visionner du contenu TV en direct, l’ennemi n°1 des chaînes payantes. Enfin, l’USTR liste une quinzaine d’endroits physiques où s’échangent divers produits, notamment des DVD, des CD et des logiciels piratés. De la Chine à l’Argentine, en passant par l’Inde, l’Indonésie, l’Équateur, le Paraguay, l’Ukraine, la Colombie, la Thaïlande, le Pakistan et le Mexique, de nombreux pays sont concernés.

Concernant les sites et services internet, le représentant américain au commerce précise parfois les actions qui ont été réalisées contre eux par les ayants droit, la justice ou les gouvernements locaux ou étrangers. L’arrêt de l’administrateur de Demonoid est notamment cité.

Attention, l’USTR n’affirme pas que l’intégralité des sites ci-dessus sont illégaux. Il note même parfois les efforts réalisés par certains pour supprimer les fichiers contrevenants au droit d'auteur. Néanmoins, leur présence même dans cette liste montre qu’ils posent un réel problème aux États-Unis. Ces derniers « exhortent les autorités responsables dans les juridictions concernées à intensifier leurs efforts pour enquêter sur les états de la piraterie et de la contrefaçon dans ces marchés » note d'ailleurs le document. L'USTR rajoute que sa liste est non exhaustive. Cela explique donc l'absence de certains sites et services majeurs.

Notez qu’aucun site français n’a été listé par l’USTR.

Reste à savoir si les sites et services ci-dessus seront les premiers visés si la loi SOPA venait à passer au Congrès…

Source : Torrent Freak Nil Sanyas le 22 décembre 2011 à 06:06 !!!!!

lundi 30 janvier 2012

Interview MegaUpload : "nous ne sommes qu'un disque dur à distance"

Emmanuel Gadaix est chief technology officer (CTO) chez Megaupload. PC INpact l'a rencontré à l'occasion de sa venue depuis Hong-Kong pour participer à une ronde au Sénat sur la liberté sur Internet et de la rémunération des auteurs. Un débat où on retrouvait la Hadopi, Nicolas Seydoux (ALPA, Gaumont), mais également l’UFC-Que Choisir, Philippe Aigrain (la Quadrature du Net), la SPEDIDAM, etc.

L’attention des ayants droit était éminemment portée sur cette entreprise que Pascal Rogard (SACD) n’a pas hésité à qualifier de « mafieuse » ("c'est la première fois que je me retrouve ici face à une entreprise mafieuse")...

Megaupload, ce matin en commission des affaires culturelles du Sénat

Vous affirmez que Megaupload est un site légal, que vous n’aviez aucune action en justice…

Oui ! On existe depuis sept ans globalement. On travaille dans des marchés très stricts comme les États-Unis avec des sociétés comme Paypal qui ne tolèreraient jamais la moindre infraction au Code de conduite qu’ils nous imposent.

PC INpact : Que répondez-vous à Pascal Rogard (SACD) qui vous accuse d’être une « entreprise mafieuse » ?

Emmanuel Gadaix : C’est un peu agressif ! Surtout dans un débat public. On n’a jamais été condamné, on respecte toute les lois en vigueur dans toutes les juridictions dans lesquelles on travaille. Pourquoi on se fait traiter d’entreprise mafieuse ? C’est tout de même un peu abusif, il me semble, surtout qu’il n’a pas expliqué pourquoi. (NDLR : l'entreprise ne sait pas encore si elle va attaquer en diffamation)

Mais vous constatez tout de même que lorsqu’un ayant droit arrive sur Google et tape le nom d’un film, en tête des réponses vient un lien Megaupload avec l’hébergement du film en question…

Il ne faut pas confondre l’hébergeur qui lui est neutre et n’a pas le droit d’inspecter le contenu des utilisateurs. C’est l’utilisateur qui a choisi de partager ce lien - auquel il n’a pas forcément droit – avec l’internet, ses amis, une communauté, un site... C’est en dehors de notre contrôle. Nous ne sommes ni juge, ni policier, ni Google. Nous avons des lois à respecter sur la vie privée, la protection des données qui nous interdit d’inspecter ce que font les utilisateurs avec leur compte.

Une entreprise mafieuse, ça fait référence à une entreprise qui gagne beaucoup d’argent... MegaUpload, c’est quoi financièrement en détail ?

Les chiffres de MegaUpload, comme c’est une société privée, sont encore confidentiels et en plus moi je ne les connais pas. Je m’occupe de la partie technique. C’est une entreprise qui a une présence globale qui travaille avec 70% des plus grosses entreprises au monde dans les services de cloud. Donc effectivement, nous avons beaucoup de succès dans beaucoup de marchés, et notre entreprise marche bien. Mais il est évident que quelques utilisateurs qui vont l’utiliser à des fins de piratage, ça ne représente rien du tout pour notre chiffre d’affaires.

Et si un ayant droit vous proposait une solution de finger printing avec détection des contenus déposés…

Mais nous on discute avec les ayant-droits ! Ils ont des comptes chez nous pour pouvoir retirer du contenu, on est en dialogue pour implanter ce genre de solutions avec eux, on est aussi en dialogue avec des sociétés pour implémenter des systèmes où les ayants droit peuvent contrôler eux même la diffusion de leurs œuvres. Nous essayons de travailler avec ces partenaires, mais souvent ils nous ferment la porte au nez.

Pourquoi ?

Je ne sais pas. Peut-être une perception publique qui est relayée par certains groupes d’intérêt et les médias, qui ne correspond pas du tout à la réalité de ce qu’est MegaUpload. Ils confondent le fournisseur d’infrastructure, nous, avec certains blogs ou sites web qui vont répertorier des liens vers des fichiers qui sont effectivement stockés chez nous. Mais nous, nous sommes qu’un disque dur à distance. Un gros disque dur, mais c‘est tout. Nous sommes un service d’infrastructure.

Le marché français représente quoi dans votre activité ?

Il est très populaire. Nous avons 15 millions de visiteurs uniques par mois en France. C’est l’un de nos plus gros marchés. Beaucoup de pays d’Europe occidentale sont aussi importants, comme les États-Unis, l’Amérique du Sud. Le Brésil est plus important que la France.

Il y a une action en France à l’encontre d’Allostreaming et d’autres sites de la galaxie Allo…

J’en ai entendu parlé mais je ne connais pas les sites en question.

Ce genre d’action, vous les soutenez, vous les regardez de manière neutre ?

On est neutre. S’ils ne respectent pas les lois en vigueur, c’est normal qu’il y ait des actions en justice contre eux. Nous cela ne nous affecte pas directement ou indirectement. C’est leur choix d’opérer leur business de la manière dont ils le veulent. Si c’est illégal, il est normal qu’il tombe sous le coup de la justice.

Quel est le régime juridique de l’hébergement à Hong Kong, là où vous avez votre siège ?

C’est le système anglo-saxon. Nous avons un système de Take Down qui existe depuis le début et qui est très sophistiqué : dans quelques heures au pire les contenus vont être enlevés une fois qu’un ayant droit nous le signale. Tous les grands ayants droit ont un compte chez nous, Sony, Microsoft, Disney… Un compte direct où ils peuvent intervenir sans notre coopération. Ils y vont directement et enlèvent tel ou tel fichier.

Comment lutter contre la réapparition des fichiers ? Les remises en ligne…

Quand cela se passe, nous avertissons l’utilisateur et s’il récidive, nous fermons son compte.

Côté utilisateur, d’accord, mais côté fichier ?

Le ficher nous est signalé puis il est enlevé.

Il faut donc à chaque fois une notification

Le problème est que les fichiers ne sont pas tous les mêmes. Certains rajoutent des données à la fin du fichier ou l’encodent différemment. Ce n’est pas si simple et nous gérons des milliards de fichiers. C’est impressionnant le travail que l’on a à faire juste pour gérer tous ces rapports avec les ayants droit.

Vous avez été approché par les ayants droit français ?

Non. On a commencé des discussions avec Sony. Hier je parlais avec le directeur de la création chez Sony hier soir… Moi j’aimerais bien essayer d’approcher ces organisations qui sont un peu agressives vis-à-vis de nous car elles ne comprennent pas notre modèle, ce qu’on essaye de faire. Moi j’aimerai bien engager un dialogue pour leur montrer que nous ne sommes pas le problème mais nous faisons partie de la solution.

Enfin que pensez-vous de SOPA ? Ça vous fait peur ?

Oui ça fait peur car c’est une sorte de dérive un peu répressive. Ça va jusqu’où ? C’est l’État policier, Georges Orwell, 1984 ! C’est ça qui nous fait peur. L’impact sur notre business ? Ça nous concerne peu car on est un business légal. Ce qui nous concerne vraiment, c’est la détérioration des libertés sur internet. C’est une réalité, pas juste une chimère comme certains des participants au colloque veulent nous le faire croire. Marc Rees le 11 janvier 2012 à 15:43

Hadopi : avant l’action Allostreaming, les doutes de l’ALPA Et 320 000 notifications

L’an passé, PC INpact pointait un précieux document de l’ALPA. Ce document était un compte rendu du 4 mars 2011 fait par l’association devant le SPI, le Syndicat des producteurs indépendants. Il a été depuis effacé du site source, mais nous en avons évidemment conservé une copie (PDF). Sa relecture aujourd’hui est intéressante au regard de l’affaire Allostreaming, actuellement examinée devant le TGI de Paris.

Le TGI de Paris

Ce document décrit tout le process Hadopi par les ayants droit du cinéma dans un luxe de détail. On apprend par exemple que pour la partie audiovisuelle, sont surveillés 60 films sortis au cinéma ou en DVD, 20 épisodes de séries télévisées, 5 films de catalogue, « par exemple « Danse avec les Loups » », 5 places pour les documentaires et les captations de spectacles vivants. Et enfin 5 œuvres dans la catégorie « divers », soit près d’une centaine de films.

Autre élément : le document de mars 2011 plaçait les premières pierres de la future action contre Allostreaming, page 5 du PDF, l’Association de lutte contre le piratage audiovisuel expliquait en effet les deux actions dans la trousse à outils des ayants droit. 320 000 notifications en 2010

Avec d'une part, le déréférencement. C’est le Notice & Take Down : « Tout le monde le fait, mais il y a un problème de réapparition des fichiers retirés. Ce problème est surtout présent sur les plateformes étrangères (comme Rutube, Megaupload, Megavideo, Méga BB…) et est accentué par la monétisation du piratage. L’ALPA procède à des déréférencements massifs, 320.000 l’année dernière, mais ce travail est un puits sans fond, les œuvres réapparaissant toujours. »

Selon l’ALPA donc, il y a eu en 2010, 320 000 notifications de retrait adressées aux hébergeurs de fichiers. Des notifications qui ont visiblement trouvé écho chez les plateformes, en tout cas chez Megaupload qui nous affirme n’avoir jamais été visée par un procès en France. Le blocage par l'article 336-2

L’autre solution présentée par l’ALPA fut le blocage d’accès : « La seconde solution serait plus efficace. Le principe consiste à bloquer l’accès aux sites mettant principalement des contrefaçons en ligne. Cela pourrait se faire par l’action prévue à l’article L 336-2 du code de propriété intellectuelle, permettant aux ayants droit de demander au juge du tribunal de grande instance toute mesure appropriée permettant de faire cesser une atteinte à leurs droits. Mais ces plateformes sont généralement protégées par le statut d’hébergeur et il n’est pas certain que ce moyen soit accepté par les juges. »

En avril 2011, l’ALPA n’était donc pas certaine que le blocage d’accès puisse s’inscrire dans l’article 336-2 du CPI, en raison des perturbations juridiques du statut de l’hébergeur (LCEN).

On connait depuis la suite : en août 2011, les doutes sont balayés pour des certitudes plus musclées. L’ALPA a réclamé des moteurs et des FAI le blocage d’accès à Allostreaming et trois autres sites qui lui sont proches (notre dossier). Mieux, l’ALPA et TMG ont conçu un dispositif pour éradiquer les sites miroirs d’Allostreaming sans avoir à passer devant le juge, alors que ce passage est réclamé par le Conseil constitutionnel. L’affaire sera jugée en mars 2012 selon le calendrier fixé par le président du tribunal de grande instance de Paris. Marc Rees le 16 janvier 2012 à 16:48

MegaUpload et MegaVideo fermés de force par la justice américaine (MàJ)

La nouvelle ébranle des millions d’internautes du monde entier. Après le blackout anti SOPA et PIPA réalisé par de nombreux sites internet hier, et notamment Wikipédia, la justice américaine vient de frapper un grand coup en mettant à terre les sites du groupe Mega. MegaUpload et MegaVideo sont aujourd’hui indisponibles dans le monde entier. Vont-ils ressusciter dans quelques jours sur des serveurs à l’étranger ? Pas forcément.

Departement of Justice

Megaupload, une "mafia"

175 millions de $. C’est la somme précisément indiquée par le département de la justice (DoJ) des États-Unis d’Amérique qui aurait été générée par les sites du groupe Mega avec leurs activités illégales, pour leur propre compte. Les termes de « crime organisé » sont directement utilisés par le DoJ, MegaUpload étant qualifié «d’organisation criminelle ». 

En somme, le groupe Mega est décrit comme une mafia. Le mot mafia a d’ailleurs été utilisé il y a quelques jours par Pascal Rogard, le président de la SACD, au sujet de MegaUpload : « c'est la première fois que je me retrouve ici face à une entreprise mafieuse » avait-il ainsi affirmé au Sénat, lors d’un débat sur Internet et la rémunération des auteurs, auquel MegaUpload participait donc.

Emmanuel Gadaix, le directeur technologie du groupe Mega, nous avait alors répondu avoir trouvé cela « un peu agressif ! Surtout dans un débat public. On n’a jamais été condamné, on respecte toutes les lois en vigueur dans toutes les juridictions dans lesquelles on travaille. Pourquoi on se fait traiter d’entreprise mafieuse ? C’est tout de même un peu abusif, il me semble, surtout qu’il n’a pas expliqué pourquoi. »

Une megaupload
Et Megaupload, c'est surtout fermé.

Ces propos, qui datent de la semaine dernière, sonnent aujourd’hui différemment. Concrètement, que s’est-il passé ? Résumons les faits.

De quoi est accusé MegaUpload ?

« De piraterie en ligne massive d’œuvres protégées dans le monde entier (…) causant un demi-milliard de dollars de dommages aux ayants droit. » Comment ce calcul a-t-il été réalisé ? Mystère pour le moment. Au regard des sommes avancées, assez faibles finalement par rapport aux montants généralement dévoilés par les majors en matière de « piratage », il est possible que ce calcul se base uniquement sur une partie des contenus des sites, et non l’intégralité.

MegaUpload est de plus accusé d’avoir offert du contenu illégalement avant sa disponibilité réelle, ou encore d’avoir créé un modèle « conçu expressément pour promouvoir le téléchargement illégal ». Enfin, le groupe est accusé de n’avoir strictement rien fait pour retirer le contenu illégal de ses sites.

Pourquoi les sites MegaUpload et MegaVideo sont-ils indisponibles ?

La réponse est simple, quand bien même la société est Hongkongaise, les serveurs de ses sites sont basés dans l’État de Virginie. Couper ces derniers a donc été un jeu d’enfant pour le FBI. D’autant plus que les autorités et polices du Royaume-Uni, d’Australie, du Canada, d’Allemagne, de la Nouvelle-Zélande, des Philippines, des Pays-Bas et de Hong-Kong ont participé à l’arrestation des principaux collaborateurs de la société.

Quid du sort des principaux dirigeants ?

Le fondateur, Kim Dotcom, a donc été arrêté, ainsi que six de ses collaborateurs, tous résidents dans de nombreux pays à travers le monde, principalement en Allemagne, en Nouvelle-Zélande, et à Hong-Kong. Tous risquent jusqu’à 20 ans de prison pour « complot pour avoir commis un racket », plus 5 ans pour « complot pour avoir commis des infractions au copyright » plus encore 20 ans pour « complot pour avoir commis du blanchiment d’argent » et enfin 5 ans pour « violation de copyright ». En cas de peine maximale, la sentence peut donc être assez lourde.

Les sites peuvent-ils renaître ?

Si les principaux dirigeants et collaborateurs n’avaient pas été arrêtés, MegaUpload et MegaVideo auraient certainement été ressuscités sur des serveurs étrangers. Cela reste toujours possible, mais l’intervention de la police dans plusieurs pays du globe a certainement refroidi la plupart des membres du groupe encore en liberté.

Quid des téléchargements légaux et des abonnements ?

Aucune différence n’a été faite par cette action de justice. Tout a été éradiqué, ou tout du moins rendu hors service. Il est donc fort probable que ceux disposant d’un abonnement ne retrouveront jamais leur argent, ni leurs fichiers hébergés…

Et les concurrents directs ?

Si MegaUpload et MegaVideo ont un immense succès, ils ne sont néanmoins pas les seuls. Videobb, Fileserve, Rapidshare, etc. sont aussi très utilisés. La demande envers ces sites devrait d’ailleurs être multipliée ces prochains jours. Des ralentissements sont ainsi à prévoir.

Sont-ils en danger ?

C’est une possibilité, mais dans le passé, certains sites/logiciels de P2P ont été attaqués et fermés, sans que cela n’ait été généralisé à tous les sites/logiciels équivalents. Rien n’assure donc aujourd’hui que Videobb, Rapidshare et consorts fermeront leurs portes d’ici peu. Quant aux autres protocoles (P2P, Newsgroup), ils devraient eux aussi voir leur utilisation grimper.

MegaUpload et MegaVideo étaient-ils si importants ?

Ils font parties des sites les plus visités au monde. En France, Médiamétrie a même classé Megavideo (et Videobb) dans le top 15 des sites de vidéos les plus utilisés, avec plus de 129 millions de vidéos vues pour Megavideo, rien qu'en France et au mois d'octobre.

Cette fermeture soulève au final l’éternelle question quant à l’illégalité ou non d’un site. Pourquoi YouTube, qui propose pourtant encore aujourd’hui un très grand nombre de contenus protégés par divers droits, n’a-t-il pas été inquiété par les ayants droit et la justice ? Ou même Google qui propose via son moteur de recherche de très nombreux sites clairement illégaux. Tout ne serait qu’une question de négociation ?

Les derniers discours des dirigeants de MegaUpload allaient pourtant vers une plus grande légalité du site. Ces discours n’ont, semble-t-il, pas été suffisants…



Mise à jour : l'acte d'accusation de 72 pages nous dévoile de nombreuses informations. Tout d'abord, l'acte précise que 18 noms de domaine ont été saisis, à savoir : Megastuff.com, Megaworld.com, Megaclicks.com, Megastuff.info, Megaclicks.org, Megaworld.mobi, Megastuff.org, Megaclick.us, Mageclick.com, HDmegaporn.com, Megavkdeo.com, Megaupload.com, Megaupload.org, Megarotic.com, Megaclick.comn, Megavideo.com, Megavideoclips.com et Megaporn.com.

Megaupload

Ensuite, de nombreux véhicules ont eux aussi été saisis, dont :
  • Plus d'une dizaine de Mercedes-Benz
  • 2 Cadillac (de 1957 et 1959)
  • 1 Maserati
  • 1 Rolls-Royce
  • 1 Mini Cooper
  • 1 Lamborghini
  • 1 Harley Davidson
Comme vous pouvez le voir ci-dessus, certaines plaques d'immatriculation sont pour le moins humoristiques. Celles avec Guilty (traduction : coupable) et Mafia seront notamment appréciées par les ayants droit.

Enfin, une dizaine de télévisions de marque Samsung et Sharp principalement ont aussi été saisies. Sans compter bien sûr les comptes bancaires et Paypal des dirigeants du groupe Mega, la plupart étant basés à Hong-Kong et Shanghai.
 le 20 janvier 2012 à 00:45